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FEMMES PAIX SECURITE
La COCAFEM/GL renforce le leadership des organisations féminines pour une paix durable dans la Région des Grands Lacs
La Ligue pour la Solidarité Congolaise (LSC) a participé, ce 17 juillet 2026 à un atelier régional de renforcement des capacités réunissant des femmes expertes, des responsables d'organisations féminines et des représentantes de réseaux venus du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l'Ituri et de Beni, organisé par la Concertation des Collectifs des Associations Féminines de la Région des Grands Lacs (COCAFEM/GL), avec l'appui de la Section Genre de la MONUSCO.
Tenue en format hybride, cet atelier avait pour objectif de renforcer le plaidoyer des organisations féminines, promouvoir le leadership des femmes dans les processus de paix et favoriser une meilleure appropriation des mécanismes régionaux de prévention et de résolution des conflits, conformément à l'Agenda Femmes, Paix et Sécurité.
Présidant les travaux, Joséphine Malimukono, Directrice de la Ligue pour la Solidarité Congolaise (LSC) et Présidente de la COCAFEM/GL, a rappelé que les défis sécuritaires persistants dans la région exigent une mobilisation collective des organisations féminines.
« Tant que les armes circuleront dans notre région, il sera difficile d'espérer une paix durable. Les femmes doivent être au cœur des mécanismes de prévention des conflits, du dialogue et du plaidoyer. Elles ne peuvent plus être de simples bénéficiaires, mais de véritables actrices de changement », a-t-elle déclaré.
Elle est également revenue sur les actions déjà menées par la COCAFEM/GL, notamment les campagnes de démilitarisation, les activités de plaidoyer régional ainsi que la participation aux initiatives de la Marche Mondiale des Femmes.
Des organisations féminines mobilisées autour d'une vision commune
Les discussions ont porté sur le renforcement des coalitions féminines, la gouvernance des réseaux, le mentorat des jeunes femmes leaders ainsi que l'effectivité des instruments nationaux et régionaux protégeant les droits des femmes et des filles.
Concernant le CAFED, les participantes ont mis en avant le fonctionnement basé sur un mandat rotatif, les défis organisationnels rencontrés ainsi que l'importance du mentorat pour préparer une nouvelle génération de femmes leaders.
Au cours de l'atelier, Nathalie Kone, de la Section Genre de la MONUSCO, a présenté plusieurs stratégies destinées à renforcer les organisations féminines de la région. Les participantes ont donc convenu qu'il est essentiel de renforcer les réseaux féminins en mutualisant les ressources entre organisations et en définissant des objectifs communs axés sur la promotion du leadership féminin. Elles ont également recommandé de cartographier les acteurs stratégiques, de développer des plateformes permanentes d'échanges et de consolider les partenariats autour de l'inclusion et de la masculinité positive. Les échanges ont en outre mis l'accent sur la nécessité d'améliorer la gouvernance interne des réseaux en diversifiant les responsabilités, de renforcer les capacités des organisations à mobiliser des ressources grâce à une communication institutionnelle efficace, tout en accordant une place plus importante aux jeunes femmes dans les instances de décision afin d'assurer la relève et la pérennité du mouvement féminin. Pour l'experte, la consolidation des réseaux féminins constitue une condition essentielle pour accroître l'influence des femmes dans les politiques publiques et les processus de paix.
Pour Anne-Marie Lurhakumbira, membre d'une équipe de recherche conduite pour EurAc sur la mise en œuvre de l'Agenda Femmes, Paix et Sécurité dans les Grands Lacs, cette rencontre devrait renforcer les synergies entre les différents acteurs.
« Je profite de cette dynamique pour informer que nous menons actuellement une étude régionale sur la mise en œuvre de l'Agenda Femmes, Paix et Sécurité dans les Grands Lacs. Ce sera une excellente opportunité de collaborer avec plusieurs d'entre vous afin de documenter les expériences des organisations féminines. »
Elle a également présenté plusieurs initiatives régionales actuellement mises en œuvre par International Alert, notamment Kizazi cha Amani, Mupaka Shamba Letu II et Access to Justice – Uhaki Bila Mipaka, qui œuvrent au renforcement de la cohésion sociale, de la coopération transfrontalière, de l'accès à la justice et de la participation des jeunes aux processus de paix en République démocratique du Congo, au Rwanda et au Burundi.
D'autres participantes ont également exprimé leur satisfaction.
« Merci beaucoup à toutes les présentatrices pour ce partage très riche. Nous repartons avec des connaissances utiles pour renforcer nos actions sur le terrain », a témoigné une participante.
Malgré quelques difficultés techniques rencontrées lors de la rencontre virtuelle, les participantes ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les échanges.
« Ma connexion m'a malheureusement fait manquer une partie des discussions, mais je reste pleinement engagée dans cette dynamique. Nous sommes ensemble », a déclaré une représentante d'une organisation membre.
À l'issue des travaux, plusieurs engagements ont été retenus :
renforcer l'application effective des instruments nationaux et régionaux en faveur des femmes et des filles ;
- accroître la représentation des jeunes femmes mentorées par la COCAFEM/GL ;
- accompagner davantage les jeunes organisations féminines ;
- multiplier les espaces régionaux d'échanges entre organisations ;
- renforcer la connaissance des mécanismes régionaux de plaidoyer et de coopération ;
- assurer un suivi des recommandations formulées lors des précédentes rencontres régionales, notamment par les coalitions du Nord-Kivu et de l'Ituri.
Le principal message de cette rencontre demeure clair : les femmes ne sont plus uniquement des bénéficiaires des programmes de développement ; elles sont désormais des mobilisatrices, des bâtisseuses de paix et des actrices